Le loukoum à la pistache (histoire pour enfant, ou grand, pour l'esprit)

Publié le par web-journal

 

 

C'était quand le temps était dans le temps, dans le passé de l’âge et des moments, dans l’antiquité des temps ...

Il y avait un jour, en Orient, un homme qui était Grand Vizir.

Il était si avisé qu’à son Conseil le roi n’écoutait que lui et ne décidait rien sans son avis.

Les autres vizirs étaient jaloux, mais « jaloux verts » ! Tels des


Rats, ils se sont dit :

« Rongeons l’arbre de la confiance du roi ! »

Et jour après jour, mot après mot, calomnie après calomnie, ils rongeaient...

Or, un jour d’entre les jours, notre homme va au hammam.

Il entre dans l’eau, et à un moment donné, sa bague - qui était un joyau inestimable que lui avait donné le roi -

sa bague glisse, à cause du savon.

Mais au lieu de tomber au fond de l’eau (comme font les bagues),

elle reste à la surface de l’eau !

Notre homme regarde ça interloqué, et tout à coup une compréhension soudaine,

tel un éclair, illumine son regard. Il sourit.

Il récupère vite sa bague et sort du hammam en courant.

. Il court, il court, il court, rentre chez lui, appelle tout les gens de sa maison et leur dit :

- Emballez tout !

Dépêchez-vous !

Formez une gigantesque caravane !


Mettez tous mes biens à l’abri !

Dépêchez-vous !

 

 

Allez ! Allez ! Allez !

Dépêchez-vous !!

Les gens se mettent à tout emballer.

Lui, il va voir sa femme et lui dit :-ô ma bien-aimée,

Ô ma lumière, ô ma colombe, ô ma part de bonheur sur la terre, ô lune parmi les étoiles,

ô rose parmi les jasmins, ô étoile du matin, sache que nous allons devoir nous séparer.

Ils ne s’étaient jamais quittés.

Mais elle a bien vu que c’était nécessaire.

Alors elle l’a pris dans ses bras et a dit :

- ô mon bien-aimé, pleurons.


Pleurons les larmes amères de la séparation.

Et ils ont pleuré ensemble.

- Tu vas te joindre à la caravane.

Tu vas partir.

Vous allez vous mettre à l’abri,

chez le roi voisin, mon cousin, en attendant. Je resterai seul ici.

Il n’est resté avec lui dans la maison qu’un vieux serviteur trop vieux qui ne voulait pas partir ;

il gardait la maison toute vide

 

avec dedans seulement un grand tapis tout troué,

 

tout mité, un vieux bahut trop grand, trop pesant, c’est tout.

Au bout des huit jours,

on frappe à la porte.

 

Il ouvre et voit des officiers de la garde royale qui le saisissent, lui,

 

Le Grand Vizir !

Il est malmené pendant tout le chemin, jeté aux pieds du roi dans la salle du trône. Le roi le regarde et crie :

- Je t’accuse de haute trahison !

- Mais je te suis fidèle !

Les gens veulent t’abattre en m’abattant !

Je suis le pilier de ton royaume, ô mon roi !

- Je ne te demande pas d’explication !

Qu’on le jette en prison !

Qu’il y croupisse et qu’il y meurt !

On a voulu l’humilier.

On ne l’a pas jeté dans les premières prisons du premier sous-sol avec les politiques.

On ne l’a pas mis non plus au deuxième sous-sol avec les droits communs.

Ni au troisième sous-sol avec les fous.

On l’a mis au quatrième sous-sol, là où il n’y avait que le salpêtre, l’humidité, les crachats, une paillasse pourrie qui pue la pisse ...

Mais ce n’était pas ça

Qui était le pire.

Avec les rats et les cafards pour seuls compagnons.

Mais ce n’était pas ça

Qui était le pire
.

La promiscuité avec un geôlier pervers qui le regardait comme ça...

Mais ce n’était pas ça

Qui était le pire.

Vous voulez savoir,

Qu’est-ce qui était le pire ?

Le pire c’est que là, quand il était au fond de sa prison, il avait une envie terrible manger

Un loukoum à la pistache !...

 

3520 loukoum sexy tout nu sans huile de palme big-copie-1
Je sais, c’est idiot...

Mais c’était comme ça.

Ca lui était venu à l’esprit

Et maintenant cela ne pouvait plus le quitter ;

Il y pensait toute la journée ! Il avait beau essayé cette idée de la tête,

Tout le lui rappelait !

Le salpêtre, par exemple, le salpêtre blanc...

Comme le sucre glace, sur le loukoum à la pistache !

Les crottes de rat...

Délicieusement oblongues, comme les pistaches du loukoum à la pistache !

Les auréoles de pisse... vertes...comme le vert du loukoum à la pistache !


Tout le lui rappelait !

Un jour, il est allé voir le gardien, ce gardien ignoble qui gardait sa geôle :

- Toi qui vas dehors, est-ce que tu peux me ramener un loukoum à la pistache ?

Et l’autre, pour une fois qu’il tenait un grand du royaume, il a dit :

- NNNonnn !

Et jour après jour, le vizir demandait et jour après jour, l’autre refusait.

Il a réfléchi,parce qu’il avait faim...

Il était obligé de manger un peu de rata des prisons...

Mais vous savez,il y a deux école dans la vie :il y a ceux

qui mange le meilleur d’abord,et ceux qui garde le meilleur pour la fin !

Lui, il a réfléchi et il s’est dit :

« Si je mange d’abord le loukoum à la pistache, après, je devrais quand même manger du rata pour

passer ma faim, et j’écraserais le goût du loukoum

Que j’attends depuis sept ans !

 Par celui du rata que je mange tout les jours !

Non !

Mieux vaut manger d’abord le rata, et ensuite,

quand je mangerai le loukoum à la pistache, il m’éclatera dans la bouche et j’en garderais le goût tout l’après midi !
»

Il a donc mis Son loukoum, là,

À coté de lui, sur la paillasse, et il a commencé à manger son rata des prisons.

A chaque bouchée de rata des prisons, il regardait son loukoum avec amour !

Et il mangeait son rata es prisons, et il regardait son loukoum avec amour !

Et il mangeait son rata des prisons, et il regardait son loukoum à la pistache avec amour !

A un moment donné, pendant qu’il mangeait son rata des prison,


il y a un rat d’entre les rats des prisons qui vient se rue sur

le loukoum à la pistache !

... pour le saisir, mais vous savez, le loukoum c’est mooou, alors la patte est entrée

daaans le loukoum à la pistache !

Et le rat a essayé de dégager sa patte en appuyant avec l’autre patte

et les deux pattes sont restées enfoncées dans le loukoum à la pistache !


Du coup le rat a perdu l’équilibre et il a fait un roulé-boulé

Dans le loukoum à la pistache

Et il a complètement Ecraboooouille

Le loukoum à la pistache

Sous son poids, et le pauvre, il a eu peur, alors il a pissé de peur dans le loukoum à la pistache !

 Et finalement il a répandu

De la pisse de rat,

Du poil de rat,

 De la poussière de rat Dans le loukoum à la pistache !

Bref, il l’a rendu Immonde...

Quand notre homme a vu ça, une

Fulgurance a traversé son regard,

Un sourire a illuminé son visage,

Et puis tout à coup, il a frappé


Dans un silence intérieur...

La porte et a dit au geôlier :


-Va chercher le vieillard qui

Est resté dans la maison.

Mon ami, unissons nos familles !

Que toujours tes enfants soient les vizirs de mes enfants !


 Veuillez me pardonner...

 Accepte cette robe d’honneur, cette somme -

je sais que cela ne remplace pas la liberté que je t’ai prise ...

Le vizir s’est incliné et est rentré chez lui.


Il a fait une fête.

Un fête à tout casser !

Une fête pour la lumière.

Une fête pour la liberté.


Une fête dans son jardin avec sa femme, ses amis, le soleil, la chaleur, le vent,...


Pendant cette fête, ses amis sont venus le voir et lui on dit :


- C’est extraordinaire, huit jours avant que tu tombes en disgrâce,

c’est comme si tu l’avais su, tu as mis tes biens de côté,


tu as protégé ta femme, les gens de ta maison ; c’est étonnant.

Et huit jours avant que tu ne remontes en grâce ,


c’est aussi comme si tu l’avais su, et tu leur as fait signe de revenir.

Mais enfin, explique-nous

Comment as-tu su ?

Et il a répondu :

-  Oh, ce n’est pas difficile : quand j’étais dans le hammam et que j’ai vu ma bague qui restait à la surface de l’eau,

je me suis dit :


« Ca c’est de la chance !

Plus de chance que ça ?

Il n’y a pas. »

Ma chance est au sommet de la courbe, maintenant, elle ne peut que descendre !

Et je me suis préparé à la descente !

Quand, après sept ans de désir de loukoum à la pistache,


j’ai vu qu’on m’amenait enfin un loukoum mais qu’un rat venait et le rendait immonde,

je me suis dit, c’est la fin ! c’est le fond ! Je ne peux que remonter !

Et je me suis préparée à la remontée !

Et voilà toute l’histoire !

A la suite de cette histoire, les sages d’Orient disent



« En écoutant cette histoire, tu peux entendre que quand tu es en haut,


tu n’y resteras pas toujours, et que, quand tu es en bas, tu n’y resteras pas toujours non plus ! »

Publié dans Information divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article